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Un autre regard sur le monde

Un dépaysement local ? Quel drôle d’idée !

Il est paradoxal de chercher à s’évader de notre monde en voyageant très peu. Et pourtant c’est possible. Une nuit insolite en bulle peut être le moyen. Mais la transparence ne fait pas tout, même si regarder les étoiles, couché dans un très bon lit est assurément tentant.

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Dans le Sud de la Charente-Maritime, à Montendre, au bois des Granges, commence la véritable évasion. Là où le goudron s’arrête, là où le chemin blanc puis le petit bout de sentier entre les arbres nous obligent à ralentir, là où les trois ou quatre virages sous la futaie nous perdent un peu commence l’aventure. On gare sa voiture doucement, on en descend lentement et on s’arrête. L’effet est immédiat. Le calme et la nature – si près de la civilisation – nous pénètrent.L’accueil est chaleureux, on est bienvenu, c’est évident. Le petit chien blanc qui joue entre les jambes, la main tendue, ouverte et ferme, le chat qui s’assoie sur le capot, l’ombre du grand chêne qui impressionne et abrite à la fois, on entre Au Pays des Bulles.

Le deuxième effet insolite du lieu vient de l’originalité du mélange de deux mondes que nous croyons divisés mais qu’ils voient symbiotiques. D’une part la technologie moderne : réservation par internet, bulles transparentes, éclairage LED, panneaux solaires, bio-compostage, etc.D’autres part l’utilisation des ressources naturelles et locales : de vieux meubles, des matériaux de récupération, des objets donnés « pour qu’ils servent encore », des légumes et fromages bio, etc.

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Le couple qui a créé et qui gère le Pays des Bulles est lui aussi « écoloclaste ». Un pur produit du monde moderne qui en aurait compris les avancées, tout en gardant le meilleur du passé. Lui bricole, invente, modifie, fait renaître des objets, s’assure que tout fonctionne… Elle aussi bricole, décore, choisit, colore, cuisine (et goute !) les petits gâteaux et le pain qu’ils font, etc. Lui, explique le traitement écologique et économique de l’eau, des déchets. Elle va en ville, disons plutôt « en village », acheter des produits issus de l’agriculture et de l’artisanat,du local, du bio, du raisonné, de l’écolo… Lui met l’accent sur la différence entre autarcie et autonomie en montrant son installation photovoltaïque et la phyto-épuration, elle fait remarquer le goût des carottes et de la viande, en plus de leur côté biologique.

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Tout cela est évident pour eux. Ce n’est pas une posture, ce sont des choix de vie, pour les hôtes et pour eux, une sorte de militantisme calme et posé, convaincu qu’il faut mettre en pratique et vivre soi-même, montrer et expliquer, diffuser et communiquer, faire vivre un bel instant de bonheur simple, de bien-être et de sérénité lucide. Ils cherchent à relier les idées aux mots et les mots aux choses, une sorte de bon sens paysan, pratique, concret, limpide, réel. Chaque construction est pesée, chaque choix analysé, chaque discours construit. Pour expliquer cette manière de vivre et de penser, ils font référence à ce qu’ils ont appris d’un vieil indien croisé au détour d’un voyage dans le grand Nord canadien il y a quelques années :

« Quand le chef de mon village doit prendre une décision, il le fait en pensant aux 7 générations passées et aux 7 générations à venir ». Quand je vous dis que le Pays des bulles est écoloclaste !

                                                                                                                                                                                            PM

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